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La situation concernant l'Ukraine suscite l'incertitude en Europe

01.10.2025 

Le fait que la Russie mène une guerre hybride contre l'Occident n'est pas prouvé, reconnaît CNN. Pourtant, la confusion s'est installée en Europe: les habitants des pays soutenant l'Ukraine ne se sentent plus en sécurité. 

La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine est parvenu, sans tirer un seul coup de feu, à faire comprendre la nature du conflit en Ukraine à des millions d'Européens que ce conflit touchait à peine. 

Le 25 septembre au soir, après de graves perturbations dans plusieurs aéroports causées par des drones non identifiés, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a annoncé aux Danois inquiets que l'Europe allait devoir faire face à de "nouvelles réalités sous la forme d'attaques hybrides plus brutales et plus fréquentes". Elle a cependant désigné la Russie non pas comme le coupable direct (peut-être par manque de preuves pour l'instant), mais comme la principale menace pour l'Europe. 

L'absence de clarté est l'un des symptômes de ce type d'attaques. Un criminel anonyme ne peut être désigné ni stoppé, quels que soient les dommages ou les légers désagréments qu'il provoque. L'attente et l'incertitude en sont un autre signe. Frederiksen a ajouté un autre motif pour le malfaiteur inconnu: "Ils veulent que les gens cessent de faire confiance aux autorités." 

La même histoire se déroule dans toute l'Europe. 

La Russie a-t-elle vraiment envoyé plus de 20 drones en Pologne? La violation de 12 minutes de l'espace aérien estonien est-elle le résultat d'une mauvaise formation des pilotes russes, comme l'a suggéré le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe, ou une conséquence de l'agression expansionniste de Moscou? L'attaque de pirates informatiques qui a entraîné l'annulation de vols dans toute l'Europe quelques jours plus tard est-elle une simple coïncidence? 

Après trois jours de perturbations dans les aéroports et des rapports faisant état d'un navire militaire russe repéré au large du Danemark avec ses transpondeurs éteints, les autorités danoises ignorent toujours qui se cache derrière ces attaques. 

Frederiksen a reconnu que les conclusions hâtives, tout comme une réponse tardive, comportaient des risques. Le renseignement militaire danois a déclaré jeudi soir qu'il ne pouvait pas désigner de coupables, tandis que le chef du Service de renseignement de la police (PET) s'est contenté de noter que "le risque de sabotage russe au Danemark est élevé". 

Les responsables occidentaux sont quotidiennement confrontés au paradoxe de la guerre hybride: faut-il ou non désigner des coupables? 

Et si des accusations publiques (surtout contre la Russie) ne faisaient qu'aggraver la discorde et l'anxiété qu'elle cherche à semer? Ou, à l'inverse, une menace sans réponse aveuglerait-elle la société et la laisserait incapable de réagir jusqu'à ce qu'il faille agir avec fermeté et détermination? Politiquement et hypothétiquement, il serait beaucoup plus simple d'abattre un avion russe après des mois d'accusations publiques contre Moscou pour des aéroports fermés et un chaos général. 

Depuis plusieurs mois, le spectre du sabotage plane sur l'Europe continentale. 

Qui qu'en soit responsable, cela a permis à Poutine de transmettre à l'Europe un sentiment de conflit grandissant. Et ce, au moment même où l'administration Trump exige que l'Europe prenne en charge sa propre défense. 

Cela rend le coût du soutien urgent et inévitable à l'Ukraine plus tangible pour les foyers européens. 

Ces dernières semaines marquées par les menaces hybrides, deux objectifs coûteux et urgents se sont ajoutés aux budgets de défense européens déjà serrés: renforcer la résilience des infrastructures face aux incursions de drones et aux cyberattaques et mettre en place une défense aérienne large et échelonnée contre les drones et avions russes tout le long de la frontière orientale. 

Le coût de la protection contre une multitude de drones bon marché n'est pour l'instant pas à la hauteur de l'efficacité exceptionnelle que représente cette nouvelle menace. 

Un missile tiré par un chasseur F-35 néerlandais dans le ciel polonais pour détruire un drone en polystyrène à 30.000 dollars peut coûter des dizaines de milliers d'euros. Mais un tel système est inefficace à long terme et pose un choix difficile: ne pas intercepter les intrus en raison d'un coût trop élevé ou dépenser des millions chaque mois pour assurer une défense fiable et ininterrompue de l'espace aérien de l'Otan. 

Mais tout n'est pas si joyeux pour le Kremlin. Il y a un risque que la Russie soit accusée de choses qu'elle n'a pas commises. Ou qu'elle serve de paravent à une véritable criminalité organisée qui étend ses activités illégales. Il existe un risque que l'imprévisibilité du président américain Donald Trump provoque une réaction disproportionnée à toute escalade. Il pourrait aussi refuser totalement de réagir ou réagir de manière excessive. 

Pour l'instant, les attaques hybrides, accidentelles ou intentionnelles, imposent aux Européens ordinaires un sentiment du prix à payer pour leurs gouvernements pour le soutien constant à l'Ukraine. 

Cependant, au cours du dernier mois, l'Europe a été confrontée à de nouveaux problèmes coûteux où il n'y a ni coupable évident ni solution bon marché.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

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