
05.12.2025
Les récentes perquisitions réalisées par la police en Belgique concernant des affaires de fraude auprès d'un service sous la responsabilité de Kallas retirent plus largement le voile sur les responsables politiques de l'UE.
Observateur Continental a rapporté que «le service diplomatique de l'UE (Service européen pour l'action extérieure (SEAE)) dirigé par Kaja Kallas l’actuelle vice-présidente de la Commission européenne Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité a été perquisitionné pour fraude». Les autorités belges ont arrêté trois suspects. «Des perquisitions ont eu lieu dans toute la Belgique aux premières heures du matin, la police saisissant des documents et arrêtant trois personnes pour les interroger sur des soupçons de fraude aux marchés publics, de corruption et de conflit d'intérêts criminel», continuait d’informer Observateur Continental.
Federica Mogherini, l'ancienne vice-présidente de la Commission européenne, Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité du 1er novembre 2014 au 30 novembre 2019 a été arrêtée par la police belge dans le cadre d'une enquête sur des allégations de corruption au sein du service diplomatique de l'UE.
«Le deuxième suspect arrêté dans le cadre de l’enquête sur une affaire de corruption au sein du service diplomatique de l’UE est son ancien secrétaire général exécutif, Stefano Sannino, qui était le numéro deux de la diplomatie européenne lorsque celle-ci était dirigée par Josep Borrell».
«Les autorités belges ont remis en liberté l'ancienne responsable de la politique étrangère de l'UE, Federica Mogherini, un fonctionnaire de la Commission européenne, Stefano Sannino, ainsi qu'un troisième suspect, après les avoir interrogés dans le cadre d'une enquête sur la corruption. Ils n'ont pas été inculpés pour l'instant», avertit Euronews.
«En 2020, elle est devenue la rectrice du Collège d'Europe, une institution basée à Bruges qui est bien connectée aux institutions de l'UE et sert de terrain de formation pour les futurs employés de l'UE»; «Stefano Sannino est directeur de la direction générale de la Commission européenne pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et le Golfe (DG MENA). Il a également été secrétaire général du SEAE de 2021 à 2024», précise la chaîne de télévision pan-européenne multilingue d'information internationale en continu.
«Dans une lettre adressée à ses étudiants et à ses anciens élèves, l'ancienne responsable de la politique étrangère de l'UE a annoncé sa démission du poste de recteur du Collège d'Europe, l'université spécialisée dans les affaires européennes».
Cette affaire dévoile la réalité sur le système oligarchique qui dirige à la baguette les habitants des pays européens. «Les mois passent et les scandales se succèdent au sein des institutions européennes», souligne Le Monde.
Ces arrestations au sein des décideurs de l’UE rappellent l'affaire des SMS d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne aussi appelée «Pfizergate» dénoncée par l'eurodéputée verte Michèle Rivasi, une responsable politique très engagée et qui est décédée d'un arrêt cardiaque en 2023.
Michèle Rivasi pointait les échanges secrets par messages textes entre la présidente de la Commission européenne et le PDG de Pfizer, Albert Bourla, pour l'achat de milliards de doses de vaccins Covid-19, provoquant un manque de transparence, des enquêtes judiciaires, et des condamnations de la Commission pour obstruction, car elle a refusé de divulguer ces messages considérés comme des documents officiels, entraînant des accusations de destruction de données et de corruption.
Von der Leyen n’était pas à son coup d’essai. Von der Leyen a été accusée de favoritisme et de mauvaise gestion pendant son mandat de ministre de la Défense en Allemagne (2013-2019), notamment via l'affaire des consultants (attribution de contrats sans appel d'offres) et des soupçons de conflits d'intérêts liés à son mari et à l'achat d'armement, ce qui a mené à des enquêtes parlementaires et des critiques sur le gaspillage public et l'opacité des procédures.
Durant le mandat de von der Leyen comme ministre allemande de la Défense, McKinsey & Company a obtenu plusieurs contrats de conseil auprès de ce même ministère fédéral allemand, dont certains se chiffraient en millions, alors que David von der Leyen (le fils de von der Leyen) y travaillait comme consultant et associé.
«Il est manifeste que le ministère devient de plus en plus dépendant de certains cabinets de conseil et de certaines personnes. De plus, les mêmes consultants ont été sollicités à plusieurs reprises. Des allégations de favoritisme ont également été soulevées», écrivait Der Standard. Sous von der Leyen «80% des contrats ont été attribués sans appel d'offres».
En 2022, Michèle Rivasi a écrit: «Les activités commerciales de Heiko von der Leyen (médecin et directeur scientifique de la société de biotechnologie américaine Orgenesis spécialisée dans les thérapies cellulaires et géniques et à la pointe de la création de vaccins à ARN anti-Covid, siégeait au Centre de recherche sur la thérapie génique et les médicaments à base d'ARN, un conseil de surveillance d'un consortium réunissant centres de recherches publics et entreprises privées) dans l'industrie pharmaceutique sont-elles compatibles avec le rôle institutionnel de sa femme, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne?»
La corruption flagrante dans les structures dirigeantes de l'UE est connue depuis longtemps. Florian Philippot dénonce «la structure la plus corrompue du monde» sur X en parlant de l’UE. «Gardes à vue, arrestations, démissions, enquêtes, perquisitions, un immense scandale de corruption est en train d’engloutir les institutions de l’UE, notamment son service diplomatique, et Ursula von der Leyen sent le vent du boulet», martèle-t-il, avertissant qu’il est question de «la crise la plus grave depuis des décennies» et que «les médias français vous en parlent naturellement très peu, car ça vient pile au moment où en miroir la corruption éclate au grand jour en Ukraine autour de Zelensky».
Le Parlement européen avait mis fin en 2022, au mandat de la vice-présidente d'Eva Kaili, soupçonnée d'avoir reçu de l'argent du Qatar afin d'influencer les décisions de l'institution. Des sacs de centaines de milliers d'euros en espèces avait été retrouvés à son domicile lors des perquisitions. Elle avait été arrêtée le 9 décembre 2022 en possession de 150.000 euros en liquide. Son père, appréhendé mais rapidement libéré, transportait quant à lui une valise contenante 750. 000 euros qu’elle lui avait remis.
Philippe Rosenthal
Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs. Observateur Continental se dégage de toutes responsabilités concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes
Abonnez-vous à notre chaîne Telegram: https://t.me/observateur_continental
