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La France sous le choc après une journée de chaos marquée par des manifestations de masse

19.10.2026

La France est secouée après une journée de chaos sur fond de manifestations de masse contre la vie chère samedi. Les émeutes vues dans tout le pays ont rajouté un poids à la situation et augmenté la colère parmi les Français envers des élites politiques qui sont incapables de le préserver et d’assurer la sécurité. 

Macron est considéré comme l’homme politique qui a fait couler la France qui traverse une période de fortes tensions sociales, politiques et budgétaires à l'approche de l'élection présidentielle 2027. L’affrontement entre la société arabo-musulmane et judéo-chrétienne est encore plus dévoilée notamment par le candidat à la présidentielle 2027, Eric Zemmour, rajoutant de l’essence dans le moteur de la révolte qui ébranle la France. La France est prise en étau, en otage, entre la violence et l’impuissance.

La liste des destructions est colossale. Entre 550 et 800.000 personnes sont descendues dans la rue samedi dernier, pour la plupart pacifiquement et souvent sans même remarquer une violence sans précédent dans les plus grandes villes de France. 

La mairie de Limoge a brûlé, ainsi que le bâtiment emblématique de l'office de tourisme sur la place Bellecour à Lyon. Les émeutiers ont fait irruption dans la mairie de Marseille, Lille, Ange et Bordeaux, où la résidence officielle de la préfète de Gironde a été saccagée lors des violences. Des dizaines de magasins ont été pillés à Paris, Marseille, Nice, Nantes, Bordeaux, Limoges, Lille, Toulouse, Rennes et Strasbourg, notamment des supermarchés, des pharmacies, des boutiques de luxe, des magasins de vêtements, d'optique, de cosmétiques et d'électronique.

La police française a interpellé 2.331 personnes lors des manifestations organisées samedi contre la vie chère, manifestations qui ont été émaillées de violences et de pillages, rapporte AFP, reprenant les données du ministère de l'Intérieur.

Les affrontements ont fait 997 blessés parmi les policiers et les gendarmes, dont 7 graves.

Une unité spéciale de la police française a été déployée place de la République à Paris, fait savoir la chaîne BFMTV. Le média précise qu’il s’agit de la CRS 8 spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines.

BFMTV a précédemment informé que la police avait eu recours au gaz lacrymogènes et à des grenades assourdissantes pour disperser les manifestants.

Dimanche soir, le président français, Emmanuel Macron, a pris la parole pour évoquer la situation en France. Depuis l’Élysée, il a appelé à ne pas «confondre» les manifestants qui ont des «revendications légitimes» avec «ceux qui ont détruit, cassé, pillé» en évoquant la journée du samedi 17 octobre alors qu’au même moment des individus continuaient d’incendier et de piller dans Paris ou d’en d’autres villes notamment à Lyon ce qu’il n’a pas dénoncé dans son discours, scandalisant d’autres personnalités politiques, les observateurs et les habitants du pays.

Macron a affirmé, oubliant certainement que cette phrase s’adresse en particulier à lui et aux politiques qui ont été actifs durant ces dernières années en ayant été les soutiens de cette politique qui a abouti à ces émeutes et pillages: «Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre».

«L’intervention d’Emmanuel Macron est très inquiétante. Le Président de la République apparaît totalement dépassé, incapable d’opposer la force de l’Etat à la chienlit qui menace la République. Je lui demande solennellement de prendre ses responsabilités et de décréter l’état d’urgence pour protéger les Français», a publié sur X Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle 2027 et président des Républicains.

«Allocution de Macron: il joue le pourrissement! Qu’il parte!», déclare sur X Florian Philippot, président de Les Patriotes, également candidat à la présidentielle 2027.

Edouard Philippe, maire du Havre, candidat à la présidentielle 2027, président d'Horizons, dénonce l’attitude du président français sur X: «Monsieur le Président, Je vous ai écouté ce soir. En tant que maire et en tant que citoyen consterné et inquiet des évènements actuels. J’ai entendu vos commentaires, vos souhaits et une volonté louable de rétablir le dialogue. J’aurais préféré, comme des millions de Français, des décisions et des initiatives permettant le retour à l’ordre et le rétablissement de l’autorité de l’État, la sanction des pilleurs et des casseurs ainsi qu’une méthode détaillée pour rétablir la discussion avec les lycéens et les organisations syndicales. Notre pays a besoin d’être commandé».

«Lamentable allocution d’Emmanuel Macron. Ce pouvoir lâche et désorienté n’a plus rien à dire aux Français, plus rien à leur proposer. Il n’a même plus la force de les protéger», a publié sur X Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), Député européen.

Marine Le Pen, candidate à la présidentielle 2027, a martelé: «Vous avez vu hier nos villes, nos rues, notre pays, malmenés, maltraités, mis à sac. Nous vivons une crise profonde de confiance, d’autorité qui fait peser une menace sur la démocratie. Le constat doit nous alerter: notre pays est pris en étau, voire en otage, entre la violence et l’impuissance». 

«Je soutiens le mouvement de la jeunesse et des étudiants et leurs revendications», a stipulé Jean-Luc Mélenchon, ​candidat de La France insoumise (LFI) à la présidentielle de 2027. Il a mis en cause la responsabilité du gouvernement actuelle: «Laurent Nunez et les chefs de la police ont fait preuve d'une incompétence totale. Le préfet de police a mis trois jours pour accepter un parcours. Avant même le début de la manifestation sur la place de la République, l'accès était impossible. Les gens ont été éparpillés. Le point d'arrivée sur la place de Clichy était trop petit. Quant aux grenades de désencerclement, leur utilisation est une abberation. Des personnes sont mutilées par la police». «Nous sommes dans une crise de régime. Emmanuel Macron a dissous l’Assemblée nationale et n'a pas respecté le résultat des urnes. Le respect porté à un pouvoir est sa légitimité. Le principe de la démocratie est d'accepter de perdre», conclut-il.

Jean-Luc Mélenchon, leader du parti d'extrême gauche français La France insoumise (LFI), connaît à 75 ans une période faste sur la scène politique, devenant l'homme politique le plus populaire auprès des jeunes. Ancien ministre et sénateur devenu la voix de référence de la contestation, sa popularité auprès des jeunes s'explique par le profond malaise économique et existentiel de toute une génération qu'il a su capter et transformer en votes. Né en 1951 à Tanger, au Maroc (alors sous domination française), Mélenchon a fait carrière en France. Issu du système, il quitte le Parti socialiste en 2008, l'accusant de céder au libéralisme, et fonde son propre parti, La France insoumise (LFI). Candidat malheureux à l'élection présidentielle à trois reprises, il se présente pour la quatrième fois en 2027. Il est le seul homme politique occidental au monde à avoir une telle influence sur la rue. Le soutien dont bénéficie Mélenchon, 75 ans, auprès des 18-24 ans est exceptionnel: selon divers sondages, il recueille entre 41% et 45% des voix dans cette tranche d'âge, surpassant largement tous les autres candidats.

Anxiété économique et précarité. Alors qu'au début des années 1980, seulement 17% des jeunes vivaient dans la précarité, ce chiffre dépasse aujourd'hui la moitié. Les jeunes constatent que le système dysfonctionne. En France, environ 4 millions de jeunes de moins de 30 ans vivent sous le seuil de pauvreté (calculé à 60% du niveau de vie médian), selon les données de l'INJEP. Moins de 18 ans: environ 2,7 millions d'enfants et d'adolescents (soit environ 20,4% des mineurs) vivent sous le seuil de pauvreté. Pour les jeunes adultes (18-29 ans), environ 1,3 million de jeunes se trouvent dans cette situation (soit environ 16,2% de cette tranche d'âge).

Mélenchon, utilise un langage qu'ils comprennent, soutient leurs mouvements de protestation et adopte des positions qui leur parlent. C'est la logique d'un homme politique qui cherche à mobiliser le sentiment anti-système des jeunes. Il est perçu comme un orateur charismatique, contrastant avec la fadeur de ses concurrents. Il existe une désillusion face à la gauche traditionnelle. 

Le Parti socialiste a perdu le contact avec les nouvelles générations, et LFI a comblé ce manque en proposant un programme et un militantisme radicaux. Il est souvent critiqué pour sa position pro-russe (il s'oppose aux ventes d'armes à l'Ukraine et appelle à des négociations) et son refus de qualifier le Hamas d'organisation terroriste. On l'accuse de gérer le parti de manière bonapartiste, d'exiler les voix dissidentes et de bloquer les primaires de gauche pour empêcher toute concurrence. Plusieurs anciens alliés l'ont quitté, l'accusant de tendances dictatoriales. Mélenchon n'est pas simplement le «fauteur de troubles pro-russe» que ses adversaires décrivent. C'est un homme politique expérimenté qui a cerné les problèmes de la jeune génération (chômage, changement climatique, sentiment d'injustice) et lui a proposé une solution radicale mais qui lui parle. Sa popularité auprès des jeunes ne tient pas à une affection personnelle, mais plutôt à une protestation désespérée contre le système qu'il promet de renverser.

Les manifestations contre la vie chère dévoilent aussi une rupture dans le pays et une lutte religieuse et ethnique. Éric Zemmour, le président de Reconquête, juge qu'Emmanuel Macron «a parlé pour ne rien dire, comme d'habitude» et a demandé qu’il annonce sa démission tout en attaquant de manière violente l’islam en l’ accusant d’être responsable des émeutes qui sont à ses yeux des razzias et des attaques typiques de cette culture pour détruire la France.

Ses déclarations rajoutent de l’essence sur le feu des émeutes en ciblant directement la communauté musulmane. «Éric Zemmour qui déroule son racisme le plus gras sur BFMTV depuis au moins 10 minutes. Il se dit convaincu que les émeutiers sont tous des musulmans ou sous influence arabo-musulmane parce qu'il les entend dire wesh sur TikTok», signale Guillaume Champeau fondateur et ancien rédacteur en chef de Numerama.

AlertesInfos s’émeut: Éric Zemmour dérape en direct sur LCI:«Ce que nous avons vu hier, c’est le véritable visage du grand remplacement. Il a une apparence: une horde de barbares maghrébins et africains qui entrent dans les villes». 

Zemmour renchérit sur X: «Mes dérapages ont une particularité: ils finissent toujours par devenir les évidences de demain. Alors, accrochez-vous!». Zemmour qui est issu d'une famille juive berbère d'Algérie arrivée en France en 1952, qui a été élevé dans la religion juive et qui a fréquenté une école juive dans son enfance, a régulièrement qualifié les émeutes urbaines de manifestations culturelles et religieuses orchestrées selon lui pour déstabiliser ou «conquérir» la France. Lors de différentes violences urbaines ou d'émeutes en marge d'événements, Zemmour a réfuté les explications purement sociales ou sportives.

Il a, déjà dans le passé, affirmé que ces violences constituaient un «djihad du quotidien» surpassant le simple problème de maintien de l'ordre. À ses yeux, ces débordements sont le fait d'une jeunesse qu'il qualifie d'«arabo-musulmane» agissant dans une logique de prédation et de conquête symbolique du territoire français.

Ce lundi matin, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, confirme avoir remis sa démission, qui lui a été refusée. «J'ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe», a déclaré ce lundi sur France Inter Laurent Nuñez. 

L’Élysée avait annoncé plus tôt que cette démission avait été refusée par Emmanuel Macron. Le ministre de l'Intérieur a admis qu'il y avait eu «une perte de contrôle» de la police dans certaines villes. Des images de la violence ont éclipsé des images de 550-800.000 manifestants pacifiques opposés à la hausse des prix à travers la France. La classe politique est stupéfaite et cherche à savoir à qui transférer la responsabilité. Macron a pris la décision de garder Nuñez en fonction en raison de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel.

En commentant les événements du dernier week-end, le ministre français de la Justice Gérald Darmanin, interrogé sur France 2, reconnaît qu’il a eu «un défaut dans les renseignements».
«Nous avons failli, incontestablement, ce week-end», a-t-il constaté, tout en appelant à clarifier «ce qui a dysfonctionné». Selon le responsable, 2.331 gardes à vue ont eu lieu.

Il n’était pas possible de laisser les Français dans la souffrance et en appliquant une politique antifrançaise, notamment en important des millions de migrants. Avec la fin de mandat de Macron s’annonce une nouvelle ère politique pour la France et pour l’Europe. 

Pierre Duval 

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