
21.10.2026
Les émeutes qui ont éclaté le 17 octobre en France en marge des manifestations contre la hausse des prix ont causé des dégâts estimés à plusieurs centaines de millions d’euros.
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a évalué sur RTL les dégâts causés par les violences et les pillages du week-end du 17 octobre à «des dizaines ou peut-être des centaines de millions d'euros».
«On va estimer les dégâts, qui sont plutôt quand même de l'ordre de dizaines ou peut-être quelques centaines de millions, que des milliards», a estimé le ministre. Il a noté que les autorités n’avaient pas encore achevé l’évaluation de l’impact des émeutes, en ajoutant que les assurances couvriront une large partie des frais.
Selon Le Temps, les commerçants victimes des émeutes et pillages du 17 octobre ne seront pas intégralement indemnisés par leurs assurances. Les contrats excluent souvent de base les dégâts d'émeutes (sauf option spécifique), et appliquent des franchises, des plafonds et des exclusions pour les marchandises volées ou les pertes d'exploitation.
«En vertu de l'article L.121-8 du Code des assurances, les pertes liées à des émeutes ou mouvements populaires ne sont pas couvertes d'office; elles exigent une extension contractuelle spécifique», précise Kyros Avocats.
RTL rappelle que Thomas Buberl, directeur général d'Axa a expliqué: «Si ça se passe une fois, on peut aider à réparer, mais si ça se répète, l’assurance n’est plus là pour protéger».
Plusieurs compagnies d'assurance envisagent déjà de poursuivre l’État en justice, au motif qu’il n’a pas rempli son obligation d’assurer la sécurité intérieure.
L’agence de notation Morningstar DBRS estime que le coût total des sinistres pour les assureurs à la suite des récentes violences urbaines en France (les 17 et 18 octobre 2026) ne devrait pas dépasser 1,2 milliard d’euros, sous réserve d’une accalmie.
Selon l'Alliance du Commerce, les boutiques et centres commerciaux de centre-ville ont vu en moyenne leurs ventes chuter de 34 et 40%. «Les villes de Rhône-Alpes ont également beaucoup souffert, avec des chutes drastiques des chiffres d'affaires : -84% à Clermont-Ferrand, -79% à Saint-Étienne, -77% à Grenoble et -66% à Lyon. L'Ouest de la France n'a pas été épargné non plus, avec -74% à Brest, -68% à Tours, -67% à Rennes et - 66% à Nantes», est-il précisé.
L’État prévoit de se faire indemniser par des fauteurs de troubles et déduire les revenus tirés du recel des pilleurs des aides sociales versées.
«Les propriétaires des commerces pourront obtenir auprès de Bpifrance un prêt allant jusqu'à 50.000 euros, a rappelé Roland Lescure. Pour éviter les licenciements, l'exécutif a également déclenché un chômage partiel pour les salariés de commerces contraints de fermer. Ils toucheront 60% de leur salaire, intégralement pris en charge par l'État dans les entreprises de moins de 150 salariés»,conclut le média français.
Des manifestations contre la flambée des prix des carburants et la vie chère se sont déroulées le week-end dernier à Paris et dans toute la France. Selon les estimations des organisateurs, elles ont rassemblé 800.000 personnes, alors que le ministère de l’Intérieur en a recensé 550.000.
Dans plusieurs villes, les rassemblements ont dégénéré en émeutes et en affrontements avec la police. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a déclaré que les pilleurs avaient saccagé environ 3.000 commerces dans le pays le 17 octobre. Plus de 2.500 personnes ont été interpellées, a-t-il ajouté.
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