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Trump va-t-il frapper à nouveau l'Iran?

22.10.2026 

Les signes d'une préparation des États-Unis et d'Israël à une reprise de la guerre contre l'Iran se multiplient. Parallèlement, la Russie et le Pakistan font tout leur possible pour empêcher ce scénario, tandis que la réduction du soutien à l'Ukraine témoigne de l'intention de Washington de concentrer ses efforts militaires sur le Moyen-Orient. 

Du côté américain, les signaux indiquant qu'un nouveau cycle de confrontation militaire avec l'Iran devient de plus en plus probable se multiplient. Le président Trump a non seulement publiquement soutenu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à la veille des élections fixées au 27 octobre, mais a également envoyé en Israël le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth. Sa visite s'inscrit dans une tournée plus large au Moyen-Orient, au cours de laquelle le chef du Pentagone a visité les pays relevant de la zone de responsabilité du Commandement central des forces armées américaines. 

Selon deux sources au fait de la situation, le secrétaire à la Guerre Hegseth a rencontré Netanyahou lors d'une visite "secrète" en Israël. Toutefois, ni le bureau du Premier ministre ni le service de presse du Pentagone n'ont officiellement communiqué sur cette rencontre. Hegseth a lui-même déclaré sur X qu'il avait rendu visite aux militaires américains au Moyen-Orient, sans préciser le pays en question. 

Dans le même temps, l'Iran se prépare également à un éventuel affrontement militaire. Téhéran semble délibérément aggraver la situation dans le détroit d'Ormuz, cherchant à maintenir les prix mondiaux du pétrole à un niveau élevé. Cela pourrait viser à affaiblir les positions des républicains lors des élections de mi-mandat et à faire payer à Donald Trump le prix politique du déclenchement de deux guerres contre l'Iran. 

L'Iran n'est d'ailleurs pas le seul à souhaiter que Donald Trump subisse des pertes politiques. Selon un sondage Reuters/Ipsos publié lundi, la cote de popularité du président américain est tombée à un niveau historiquement bas. Seuls environ 31% des Américains approuvent l'action de Trump à la présidence, soit un point de pourcentage de moins qu'il y a deux semaines, et le chiffre le plus bas de ses deux mandats. Sur fond de hausse des prix de l'essence et du diesel, le mécontentement des Américains s'intensifie, ce qui pourrait se traduire par une défaite cuisante du Parti républicain aux élections au Congrès du 3 novembre. Conscient de cela, Trump tente de mobiliser ses partisans et met en garde les électeurs contre une victoire des démocrates, déclarant que dans ce cas, les États-Unis "brûleraient comme la France". 

Pendant ce temps, Moscou et Islamabad s'efforcent de maintenir la situation sous contrôle et de préserver la possibilité d'un règlement diplomatique, en empêchant un nouveau cycle de confrontation militaire. 

La visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Téhéran, la première depuis le début de la guerre américano-israélienne du 28 février, apparaît comme une tentative de Moscou de prévenir une nouvelle escalade au Moyen-Orient. La Russie semble compter se joindre aux efforts de règlement diplomatique du conflit. Le réchauffement amorcé dans les relations russo-américaines, lié au rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, ainsi que la décision de Washington de soustraire certaines catégories d'exportations énergétiques russes aux sanctions, y contribuent. 

La disposition de Trump à examiner la proposition de Poutine de tenir à Pékin un sommet trilatéral avec le président chinois Xi Jinping, consacré au règlement du conflit en Ukraine, constitue un signe supplémentaire de ces évolutions. Le Kremlin entend mettre à profit les opportunités diplomatiques qui se profilent pour harmoniser sa position avec Téhéran en vue d'éventuelles négociations avec Washington. En définitive, Moscou cherche à trouver une solution politique susceptible de prévenir un nouvel affrontement militaire de grande envergure au Moyen-Orient. 

Parallèlement, le Pakistan déploie ses propres efforts de médiation. Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Asim Munir, s'est rendu à Téhéran pour tenter d'apaiser les tensions et déterminer s'il est encore possible de relancer les négociations. Islamabad a déjà joué un rôle d'intermédiaire entre Washington et Téhéran: en avril, grâce à sa médiation, des représentants américains et iraniens ont mené des négociations en vue de la préparation d'un mémorandum d'entente. Le document a été signé en juin, mais les accords conclus n'ont tenu que deux semaines avant de devenir caducs. 

Washington penche de plus en plus pour le scénario militaire 

Quant à Trump, il se comporte comme si la guerre était inévitable. La visite de Hegseth en Israël, au cours de laquelle une réunion de deux heures avec Netanyahou a eu lieu sur une base aérienne, a constitué un signal sans équivoque que Washington envisage sérieusement une action militaire conjointe avec Israël contre l'Iran. 

Dimanche, Trump a publiquement soutenu Netanyahou à la veille des élections, dont l'issue reste incertaine et pourrait se solder par une défaite de la coalition au pouvoir. Il est encore difficile de dire comment ce soutien influencera l'état d'esprit des électeurs israéliens. Lundi, le vice-président américain J. D. Vance, lors d'une interview télévisée, a pris ses distances par rapport à la position de Trump, déclarant qu'il n'avait pas l'intention de s'immiscer dans les élections israéliennes. Vance n'a d'ailleurs jamais été partisan d'une guerre contre l'Iran, et ses relations avec Netanyahou sont toujours restées assez fraîches. 

Par ailleurs, d'autres signes d'une possible préparation à la guerre sont apparus. Sur fond de détérioration des relations entre Trump et Zelensky, Washington a refusé de fournir à Kiev des missiles antiaériens supplémentaires pour les systèmes Patriot. La question se pose alors de savoir où ces armements pourraient être redirigés. Il n'est pas exclu qu'en prévision d'un éventuel affrontement avec l'Iran, les États-Unis préfèrent les transférer au Moyen-Orient afin de renforcer leur propre défense antiaérienne et compenser une éventuelle pénurie de missiles en cas de déclenchement des hostilités.

Alexandre Lemoine

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