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Zelensky isolé: une crise de confiance sur quatre fronts

26.10.2026 

Zelensky fait face à une crise qui s'aggrave. Il perd du soutien sur quatre fronts: au sein de la population, dans son parti, en Europe et dans ses relations avec Trump. Son taux de confiance est tombé à des niveaux critiques, ses alliés refusent de l'aider et ses rapports avec les dirigeants des grandes puissances ne cessent de se détériorer. 

Les sondages montrent que les Ukrainiens, qui souhaitaient que Zelensky les guide à travers le conflit, ne veulent plus qu'il les dirige après la fin des hostilités. En effet, après avoir promis aux Ukrainiens de repousser la Russie de l'ensemble des terres ukrainiennes et d'adhérer à l'Otan, et après s'être allié aux ultranationalistes ukrainiens opposés à une paix de compromis avec Moscou, Zelensky s'est peut-être placé dans une situation où sa présidence ne survivra pas à ce conflit. Les sondages révèlent un effondrement du soutien intérieur à Zelensky, ce qui laisse supposer qu'il subirait une défaite écrasante lors des prochaines élections. 

L'attention de l'opinion publique ukrainienne se porte sur la corruption. Zelensky s'est nui à lui-même par sa gestion du scandale de corruption grandissant qui s'infiltre de plus en plus profondément dans son entourage immédiat. Il avait été élu avec deux promesses centrales: faire la paix avec la Russie et mettre fin à la corruption autodestructrice en Ukraine. Il n'a tenu ni l'une ni l'autre. 

L'indicateur clé est le taux de confiance accordé à Zelensky. Les Ukrainiens récemment interrogés n'ont placé le président qu'à la sixième position du classement des personnalités politiques auxquelles ils font le plus confiance: seuls 18% des sondés lui font entièrement confiance. Ses principaux rivaux politiques potentiels, qui sont Valeri Zaloujny, Kyrylo Boudanov et Mykhaïlo Fedorov, bénéficient d'une confiance plus élevée. Un cinquième de ceux qui déclarent ne pas faire confiance à Zelensky désignent la corruption comme raison principale, et 72% des Ukrainiens estiment qu'il assume une responsabilité personnelle dans la corruption au sein du gouvernement. 

Par ailleurs, le président ukrainien ne perd pas seulement du terrain auprès des électeurs. Il perd également le soutien de son parti, qui faisait autrefois bloc derrière lui. Il se heurte à une résistance inhabituelle: des dizaines de députés de son parti Serviteur du peuple le boycottent ou s'opposent ouvertement à lui. Selon certaines informations, en raison des passages vers d'autres partis, il risque de perdre sa majorité au parlement. 

L'absence de soutien intérieur menace également le financement européen sur lequel compte le gouvernement ukrainien. Kiev fait face à un énorme déficit budgétaire qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars. L'administration présidentielle souhaite que les fonds promis par l'UE pour 2027 soient versés par anticipation. Cependant, l'octroi de ces fonds indispensables est conditionné à l'adoption par le parlement ukrainien de réformes anticorruption, or le parti de Zelensky a refusé de prendre de telles mesures. 

Début octobre, l'Union européenne a rejeté les appels de Zelensky et refusé d'accélérer les versements destinés à combler le déficit. Le financement a de nouveau été lié à la réforme de la lutte contre la corruption. Selon le Premier ministre slovaque Robert Fico, ni la Slovaquie ni la Hongrie ne participeront au nouveau crédit de l'UE à l'Ukraine. 

Il sera difficile pour les autres pays de l'UE, plus favorables à l'Ukraine, de combler ce déficit. La France est secouée par des troubles, en partie provoqués par la hausse du coût de la vie, et les critiques de l'établissement rappellent aux électeurs les sommes considérables déjà versées à l'Ukraine. La dirigeante de droite Marine Le Pen, actuellement considérée comme favorite de la prochaine élection présidentielle française, a récemment déclaré qu'en cas de victoire, Paris réduirait l'aide financière à Kiev. 

Cependant, le problème le plus grave pour Zelensky vient du plus important allié de l'Ukraine. Les relations instables avec les présidents américains ne sont pas une nouveauté pour Zelensky. Dès la première année du conflit, alors que Joe Biden autorisait une aide militaire supplémentaire à l'Ukraine, Zelensky se plaignait de ne pas recevoir ce qu'il demandait. 

En 2022, le New York Times écrivait: "Une profonde méfiance s'est installée entre la Maison Blanche et le président ukrainien Zelensky, bien plus importante que ce qui avait été rapporté jusqu'alors." 

Mais Zelensky a su surmonter ces difficultés. Même après le scandale public de l'année dernière, lorsque Trump l'avait mis à la porte du Bureau ovale, il était parvenu à rétablir ses relations avec le dirigeant américain. 

Début octobre, Trump a pris trois décisions qui, ensemble, semblent avoir été la goutte d'eau pour un Zelensky réticent à faire des concessions. Le président américain a conclu un accord avec le président russe Vladimir Poutine autorisant Moscou à vendre du diesel. Il a annoncé une "trêve énergétique" surprise en vertu de laquelle les forces armées ukrainiennes doivent cesser toute frappe contre les raffineries russes, et il a renoncé à imposer de nouvelles sanctions contre la Russie. 

Ces trois annonces ont conduit Zelensky à conclure que son approche conciliante ne fonctionnait plus, et il a décidé de critiquer publiquement Trump. 

Les hostilités ont commencé, et Zelensky risque de perdre le soutien de Trump. La version militaire de Starlink, que les Ukrainiens utilisent pour les communications sur le champ de bataille, ainsi que le système américain d'alerte précoce sur les missiles russes en approche ont cessé de fonctionner. "Ce n'est pas quelqu'un avec qui nous devrions traiter", a déclaré Trump au sujet de Zelensky. Il a également ajouté qu'il était "plus difficile de traiter avec lui qu'avec Poutine". Selon lui, Zelensky a "détruit l'Ukraine".  

Zelensky a survécu politiquement, mais la série de crises actuelle constitue pour lui l'épreuve la plus difficile depuis son arrivée au pouvoir. 

Elsa Boilly 

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