
04.12.2025
Pékin considère Paris comme son point d'appui européen. À cette occasion, Macron appelle la Chine à implanter des usines et créer des emplois en Europe en augmentant les investissements chinois en Europe. Il effectue une visite d’État en Chine du 3 au 5 décembre 2025. C’est son quatrième déplacement dans ce pays.
Il a appelé à créer les conditions propices à une augmentation des investissements directs chinois dans l’économie européenne et surtout en France pour créer des emplois. Il a fait cette déclaration à Pékin à l’issue de son entretien avec le président chinois Xi Jinping. Pendant que Macron se réjouit d’accords pour vendre à la Chine du fromage français et d’autres produits de son secteur agroalimentaire, il demande au pays asiatique de s’engager à livrer à la France des batteries électriques pour les véhicules, prouvant la dépendance profonde de Paris pour les énergies et les technologies du futur. Selon le dirigeant français, l’Europe doit se réformer pour devenir plus compétitive et investir davantage. Les Chinois ont une stratégie visant à renforcer leur consommation intérieure, a-t-il noté.
Le président français se concentre sur deux dossiers: le commerce et l'Ukraine. Macron n'a pas renoncé à l'espoir de persuader la Chine d'accroître la pression sur Moscou, mais Paris n'insistera pas sur ce point, faute de perspectives de succès. La diplomatie française est consciente des propos du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, tenus devant des responsables européens, selon lesquels la Chine ne peut se permettre la défaite de la Russie. Après tout, cela la laisserait seule face aux États-Unis et à ses autres alliés.
«Il s'agit de la quatrième visite d'État de Macron en Chine et d'une visite réciproque à la visite d'État historique de Xi en France l'année dernière, qui a marqué le 60e anniversaire des relations diplomatiques franco-chinoises, a rapporté mercredi l'agence de presse Xinhua», rappelle le Global Times.
À noter que Macron a été accueilli par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, également membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) sur le tapis rouge devant l’avion du président français. Le président chinois était absent, signalant à Macron son infériorité sur le parquet diplomatique et international.
Pour Les Echos, «Emmanuel Macron espère rapprocher les positions européennes et chinoises, que ce soit sur la guerre en Ukraine ou les terres rares». C’est le fameux deal, fromage et cochon français contre batteries électriques chinoises.
Le média financier français, rapportant que le président français est accompagné par six ministres et presque 40 patrons, souligne que Macron a «un peu moins de trois jours pour convaincre et faire infléchir, dans la mesure du possible, les positions chinoises». La composition même de cette délégation révèle les priorités de la France et sa vassalisation face à ce pays.
Parmi les dirigeants d'entreprise que le président français a emmenés en Chine figure Bernard Fontana, PDG d'EDF. Cette entreprise publique d'électricité est notamment responsable de l'exploitation et de la construction de centrales nucléaires. En 2024, le PDG d'EDF a signé un accord de coopération avec la China National Nuclear Corporation (CNNC). Les deux entreprises se sont engagées à œuvrer ensemble pour atteindre la neutralité carbone. Par ailleurs, EDF prévoit de construire de nouveaux réacteurs nucléaires dans les 70 prochains mois. Pour respecter ce délai, la France compte sur l'aide de la Chine. Les Chinois construisent en effet leurs installations nucléaires à un rythme effréné. Le réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Zhangzhou a été construit en environ 62 mois.
Un autre sujet qui retient l'attention non seulement des hommes d'affaires, mais aussi du grand public, est celui des avions de ligne. On spécule depuis longtemps sur la conclusion imminente d'un accord entre la Chine et Airbus pour l'acquisition de 100 à 200 nouveaux appareils. Guillaume Faury, PDG d'Airbus, figure également sur la liste de la délégation française. Cependant, sa présence ne signifie pas nécessairement qu'un accord majeur est imminent. Le PDG d'Airbus s'était déjà rendu en Chine avec Emmanuel Macron en 2023, mais aucun accord n'avait été annoncé. Le dernier accord de ce type remonte à 2019, lors de la visite de Xi Jinping en France, lorsque la Chine avait acheté 300 avions.
Les produits agricoles seront un sujet majeur de discussion. Cependant, la Chine mène une enquête sur la qualité du porc et des produits laitiers européens. Ce point sera également abordé. Cette année, Paris est parvenu à un accord avec Pékin concernant les droits antidumping sur le cognac français. En réponse, la France a voté au sein de l'UE pour une réduction des droits de douane sur les véhicules électriques chinois. Enfin, Paris espère accueillir de nouveaux pandas. Les autorités françaises ont récemment rendu au pays deux pandas géants après 13 ans de captivité. L'un d'eux souffrait d'une maladie rénale.
Pour la deuxième année consécutive, les géants automobiles Renault et Stellantis étaient absents de la délégation. Ce manque de représentation symbolise leur retrait du marché chinois. L’Élysée a néanmoins indiqué que Macron avait réaffirmé son engagement à défendre les principes d’un marché libre et équitable.
La Chine une puissance économique face au nain désindustrialisé européen. «Depuis 2015, le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine a été multiplié par quatre en volume et par deux en valeur, à presque 306 milliards de dollars l'année dernière, selon la Commission européenne», stipule Les Echos qui avertit: «Pour l'Elysée, la réduction du déficit commercial passe aussi et surtout par la réindustrialisation du tissu français, quitte à s'approvisionner en technologies chinoises».
Aujourd’hui Global News fait la Une par un titre très simple: «Xi s'entretient avec Macron». En cliquant sur le lien, il n’y a pas d'article, sauf des photos de la rencontre, laissant un silence sur le contenu de cette visite, synonyme du vide et du peu d’intérêt pour Macron et de la France.
Pierre Duval
Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs. Observateur Continental se dégage de toutes responsabilités concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes
Abonnez-vous à notre chaîne Telegram: https://t.me/observateur_continental
