
02.03.2026
Le Foreign Affairs, qui est un magazine bimestriel américain de référence et à l'influence internationale, publié par le Conseil des relations étrangères, un think tank américain, non partisan, spécialisé dans les affaires étrangères et les relations internationales, annonce la défaite de l’Ukraine. Avec la victoire de la Russie sur Kiev, c’est aussi, dans un effet domino, un signal destructeur de Moscou sur Bruxelles et la France de Macron. Cela annonce un profond changement sur l'échiquier géopolitique mondial.
«Quatre années après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, l'administration Trump fait pression sur Kiev pour qu'elle accepte de douloureuses concessions territoriales en échange de la paix. Dans un projet d'accord de paix révélé par Axios en novembre, l'administration proposait que les régions de Crimée, Donetsk et Lougansk soient reconnues de facto comme des territoires russes et que la Russie conserve le contrôle des parties de Kherson et de Zaporijia actuellement occupées par ses forces. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky s'y oppose fermement, refusant toute atteinte à l'intégrité territoriale de son pays. Cependant, la réalité du terrain est tout autre», stipule Foreign Affairs. L’analyse américaine provoque des troubles dans le camp occidental. Quatre ans après le début de la guerre, la pression s'accentue sur Kiev. Foreign Affairs met en garde contre une défaite imminente de l’Ukraine sur le champ de bataille. Pendant ce temps, Trump insiste sur la nécessité d'accélérer le processus.
L’information devient une évidence dans les médias européens. «Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, des voix s'élèvent de plus en plus, à voix basse, pour exprimer ce que personne à Kiev ne veut entendre officiellement: l'armée ukrainienne est dos au mur. Alors que les combats se poursuivent sans relâche le long du front du Donbass, long de plus de 1.200 kilomètres, la pression sur le gouvernement du président Volodymyr Zelensky s'intensifie. À Washington, le président Donald Trump réclame une action rapide. Pendant ce temps, la revue américaine Foreign Affairs dresse un constat sans appel: L'Ukraine est en train de perdre la guerre», fait savoir le Berliner Zeitung.
Michael C. Desch, professeur d'affaires internationales aux États-Unis, qui annonce que les «réalités du champ de bataille» ne sont pas du côté de l’Ukraine, prédit la chute de Zelensky et la victoire de la Russie. Selon l’expert, ce pays ravagé par la guerre oppose une «résistance courageuse», mais sa détermination «ne saurait masquer le fait qu’il est en train de perdre la guerre». La Russie contrôle désormais près d’un cinquième du territoire ukrainien à l’intérieur des frontières de 1991 et, grâce à ses «ressources et à sa population plus importantes», elle a la capacité «de poursuivre les combats pendant encore des années». «Au final, la Russie, avec sa population bien plus importante, peut supporter des pertes globales plus élevées que celles de l'Ukraine», résume Desch.
Le Berliner Zeitung précise se référant à International Affairs: «Alors que le Kremlin s'appuie principalement sur des soldats contractuels, les dirigeants politiques le long du Dniepr dépendent de plus en plus de la mobilisation. Les informations faisant état de rafles violentes d'hommes valides dans les rues soulignent les problèmes de recrutement, selon l'Américain. Desch aborde également la question de la busification, ces rafles brutales d'hommes ukrainiens dans les rues par les autorités militaires du pays. Ces méthodes sont impopulaires et elles ont pour conséquence d'envoyer au front des soldats plus âgés, en moins bonne santé et manifestement réticents». «Les pénuries de recrues et les désertions récentes ont conduit à des mesures de plus en plus drastiques», indique Desch. «Nombre d'Ukrainiens désertent à la première occasion», continue le quotidien allemand.
L’expert US avertit que l'Ukraine se trouve également confrontée à une situation difficile en matière d'équipement lourd, car la Russie possède un nombre bien supérieur de chars, de systèmes d'artillerie et d'avions de chasse.«En ce qui concerne les systèmes d'armes lourdes, l'Ukraine est inférieure sur tous les plans», affirme Desch.
«Sur le plan économique, l'asymétrie est encore plus marquée. L'économie russe, mesurée en pouvoir d'achat, est bien plus importante que celle de l'Ukraine. Même si Kiev consacre environ 30% de son produit intérieur brut à la défense, elle demeure structurellement dépendante de l'aide occidentale», continue le média de Berlin dont la rédaction est située juste à côté de l’Alexanderplatz à Berlin.
«La Russie n'a peut-être pas tous les atouts en main, mais elle dispose de forces armées considérables et de ressources financières importantes», affirme l’expert US. «De plus, Poutine peut davantage compter sur ses alliés, notamment la Chine et la Corée du Nord, que Zelensky sur ses alliés européens», poursuit le Berliner Zeitung qui rappelle: «Trump souhaite une fin rapide au conflit en Ukraine». Selon une source d'Axios, Zelensky privilégierait une résolution sous un mois. Il aurait toutefois exprimé l'espoir que le conflit puisse prendre fin dans le courant de l'année.
Foreign Affairs reconnaît que Moscou a désormais pris une avance considérable dans le développement à grande échelle de la technologie des drones. La Russie s'appuie de plus en plus sur des troupes d'assaut mobiles de petite taille et sur une production massive de drones sur le front.
«Zelensky est confronté à un dilemme», rajoute le Berliner Zeitung: «Officiellement, l'objectif demeure le rétablissement des frontières de 1991, y compris la Crimée». Mais Desch affirme que ces objectifs sont «irréalisables». Compte tenu du manque d'effectifs et de réserves de l’Ukraine, une reconquête victorieuse est difficilement concevable, selon l’expert US.
Le quotidien allemand, qui est devenu une référence de l’information et dont la rédaction siège toujours dans le même bâtiment de l’époque de la République démocratique allemande (RDA) et dont le propriétaire est un ancien citoyen de cette Allemagne disparue après la réunification, va dans le sens de Desch qui pose la question: «Qu'est-ce qu'une année de guerre supplémentaire changerait, et à quel prix? Un «mauvais accord de paix», soutient Desch, «ne signifierait pas nécessairement la fin de l'Ukraine en tant qu'État indépendant». D’après l’expert US, un pays plus petit, mais stabilisé, pourrait réformer son économie, lutter contre la corruption et reconstruire ses défenses. Le Berliner Zeitung avertit: «Même si les acteurs politiques à Kiev percevraient un tel scénario comme une capitulation, Desch conclut»: «Rejeter un tel accord maintenant ne ferait que prolonger une guerre coûteuse et perdue d'avance».
Pierre Duval
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